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Khamenei accuse Washington et Israël d’alimenter le soulèvement en Iran

Le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, estime que les États-Unis et Israël, les ennemis historiques de l’Iran, sont à l’origine des manifestations qui se déroulent dans son pays depuis plusieurs semaines à la suite du meurtre de la jeune Mahsa Amini par la police des mœurs.

Depuis que les contestations se sont étendues ces derniers jours aux universités, les forces de l’ordre ont réprimé une manifestation étudiante nocturne dans une prestigieuse université de Téhéran.

Les manifestations ont éclaté après l’annonce de la mort de Mahsa Amini, une jeune fille kurde de 22 ans, trois jours après son arrestation pour avoir enfreint le code vestimentaire islamique. Les autorités rejettent toute implication de la police dans la mort de la jeune femme, et qualifient les manifestants d'”émeutiers” et de “terroristes”. Des centaines d’arrestations ont eu lieu.

“Je dis clairement que ces émeutes et ces troubles ont été planifiés par les États-Unis et le régime sioniste usurpateur et factice, et que leurs mercenaires et certains Iraniens traîtres à l’étranger les ont aidés”, a déclaré Khamenei alors qu’il assistait à la cérémonie de remise des diplômes des académies militaires à Téhéran.

De son côté, le président iranien Ebrahim Raissi a déclaré dimanche que la “conspiration” ourdie par les ennemis de l’Iran a échouée.

La mort de Mahsa Amini a déclenché la plus grande vague de manifestations de ces trois dernières années. Des campagnes internationales de solidarité ont conduit des milliers de citoyens à envahir les rues de plus de 150 villes pendant le week-end, au cours duquel de nombreuses femmes ont brulé leurs voiles et se sont coupé les cheveux en signe de protestation.

Les médias locaux ont rapporté que la police anti-émeute a attaqué au gaz lacrymogène des centaines d’étudiants à l’Université de technologie Sharif de Téhéran, la plus importante université scientifique du pays. Les cours en présentiel au sein de l’université ont été suspendus à partir de lundi.

“L’Université de technologie Sharif a annoncé que tous les cours auront lieu virtuellement à partir de lundi, compte tenu des récents événements et de la nécessité de protéger les étudiants”, a rapporté l’agence de presse Mehr.

L’agence a indiqué que deux cents étudiants se sont rassemblés dimanche après-midi à l’Université de technologie Sharif de Téhéran, scandant des slogans contre le régime religieux en place.

Selon l’agence Mehr, les étudiants ont protesté contre la mort de Mahsa Amini et l’arrestation de leurs camarades pendant les manifestations. Les policiers présents sur les lieux étaient équipés de fusils de chasse et de gaz lacrymogène. Des forces de la sécurité civile et des policiers ont été déployés dimanche soir devant l’entrée nord de l’université, a indiqué l’agence.

Pour tenter d’apaiser la situation, le ministre des Sciences s’est rendu à l’université pour s’entretenir avec les étudiants et les forces de sécurité déployées autour, selon la même source.

L’Iran a précédemment accusé des puissances étrangères d’avoir encouragé le soulèvement. La semaine dernière, neuf ressortissants étrangers originaires de France, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas et de Pologne, ont été arrêtés.

“C’est dur de supporter ce qui se passe à l’Université Sharif en Iran”, a rédigé dans un tweet lundi la ministre fédérale allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock. “Le courage des Iraniens est incroyable, et la force brute du régime est l’expression des craintes des autorités vis-à-vis de l’éducation et de la liberté.”

L’Organisation des droits de l’homme en Iran a publié une vidéo de policiers iraniens à moto pourchassant des étudiants dans un parking souterrain ou ils tentaient de se réfugier, et une autre vidéo les montrant transporter des détenus dont la tête était recouverte de sacs en tissu noir.

Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), basé à New York, s’est dit “très préoccupé par les vidéos prises à l’Université Sharif et à Téhéran aujourd’hui, qui montrent une violente répression des manifestations et des détenus transportés la tête entièrement recouverte de tissu”.

Jusqu’à présent, 92 personnes ont été tuées au cours des manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini, selon l’Organisation des droits de l’homme en Iran, qui s’emploie à établir un bilan malgré la coupure d’Internet et la suspension de certaines applications comme WhatsApp et Instagram.

Amnesty International a déclaré avoir pu confirmer le meurtre de 53 personnes, après que l’agence de presse semi-officielle iranienne Fars a fait état la semaine dernière d’un bilan d'”environ 60 morts”.

Le chef de la police anti-émeute de Marivan, province du Kurdistan, a succombé à ses blessures dimanche soir au cours des “émeutes”, selon la télévision nationale lundi, qui ont également entrainé la mort de 12 membres des forces de sécurité depuis le début des manifestations le 16 septembre.

Aussi, 41 personnes ont été tuées vendredi dans des affrontement dans la province du Sistan-Baloutchistan, selon l’Organisation des droits de l’homme en Iran qui a cité des sources locales.

L’imam sunnite du Sistan-Baloutchistan, Maulvi Abdul Hamid, a mis en garde cette semaine contre les tensions en cours dans la province, sur fond “de viol d’une adolescente par un policier”.

Selon Téhéran, cinq membres des Gardiens de la révolution ont été tués dans des violences vendredi à Zahedan, la capitale de la province du Sistan-Baloutchistan, qui est témoin de temps à autre d’affrontements avec des insurgés de la minorité baloutche, des groupes extrémistes sunnites et des trafiquants de drogue.

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