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L’Iran retarde la reprise des négociations de Vienne sur son programme nucléaire

Un haut responsable de l’Union européenne a déclaré vendredi que l’Iran n’était pas prêt à reprendre les pourparlers avec les puissances mondiales sur son programme nucléaire, et que sa nouvelle équipe de négociateurs souhaitait discuter des textes à présenter lors de sa rencontre avec le bloc à Bruxelles dans les semaines à venir.

Quatre mois après la suspension des pourparlers entre l’Iran et les puissances mondiales, Enrique Mora, le responsable de l’Union européenne qui coordonne les pourparlers, s’est rendu jeudi à Téhéran pour rencontrer les membres de l’équipe iranienne chargée des négociations.

Le président iranien, Ebrahim Raisi, s’est jusqu’à présent opposé à la reprise des pourparlers indirects avec les États-Unis à Vienne, concernant le retour des deux parties au respect de l’accord de 2015 qui impose des restrictions au programme nucléaire de Téhéran, en échange de la levée des sanctions économiques qui lui ont été imposées par les Etats-Unis.

Avant la visite de Mora, des diplomates français, britanniques et allemands ont déclaré que cette visite tombait à un moment sensible, et que les choses ne pouvaient pas être considérées “comme habituelles” compte tenu de l’escalade des activités nucléaires de l’Iran et des négociations qui se trouvent au point mort. Les États-Unis ont averti que le temps était compté.

“Ils ne sont pas encore prêts pour un dialogue à Vienne”, a affirmé un responsable aux journalistes sous couvert d’anonymat, ajoutant qu’il pensait cependant que Téhéran était “certainement déterminé à retourner à Vienne et à achever les négociations”.

Un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a déclaré vendredi que l’Iran devait montrer dans l’action sa volonté de reprendre les pourparlers de Vienne avec les grandes puissances.

Vendredi, le régime iranien a vivement critiqué la position de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qu’il accuse de mener un “double jeu” entre lui et Israël.

Kazem Gharibabadi, l’ambassadeur d’Iran auprès de l’Agence de l’énergie atomique, a déclaré jeudi soir dans un tweet que “le silence et l’indifférence envers le programme nucléaire d’Israël renvoient un message négatif aux membres du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires”.

Il a ajouté que cela signifiait, selon lui, que “l’adhésion à ce traité impliquait l’acceptation des procédures de vérification et de contrôle les plus strictes, tandis que rester en dehors signifie être libéré de toute obligation ou critique”.

Ces déclaration de l’ambassadeur iranien sont venues en réponse à un entretien donné par le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, publié le 8 octobre par “Energy Intelligence”.

Lors de l’interview, en réponse à une question sur la raison pour laquelle autant de temps est consacré au programme nucléaire iranien et pas à celui d’Israël, Grossi a déclaré : “Nos relations avec Israël sont des relation entretenues avec un pays qui n’est pas signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires… et je ne suis pas en mesure de juger si cela est bon ou pas.”

L’Iran a signé le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 1970, l’année de son entrée en vigueur, depuis, il a toujours nié avoir cherché à développer ou à acquérir la bombe atomique, assurant du caractère pacifique de son programme nucléaire.

Israël, qui n’est pas signataire du traité, a averti à plusieurs reprises qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires.

Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires appelle les signataires à “mettre un terme à la course à l’acquisition de l’arme nucléaire et à prendre des mesures en faveur du désarmement”.

Israël est considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient et on estime qu’il possède jusqu’à 300 ogives nucléaires, une information que l’Etat hébreu a toujours démentie.

L’Etat d’Israël s’oppose fermement à l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015 entre Téhéran et six grandes puissances, estimant qu’il permettrait à Téhéran de développer l’armes nucléaire et de menacer son existence.

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