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L’émir du Qatar rencontre le président iranien à Téhéran

L’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, a rencontré le président iranien Ebrahim Raissi jeudi 12 mai à Téhéran, où le dossier du programme nucléaire iranien a été l’un des sujets majeurs soulevés par les deux parties.

L’Iran et le Qatar entretiennent d’étroites relations politiques et économiques. Cette visite intervient dans une phase critique ou les pourparlers pour relancer l’accord nucléaire entre Téhéran et les grandes puissances sont au point mort, et en pleine hausse des prix des ressources énergétiques en raison de la guerre russe contre l’Ukraine. L’Iran et le Qatar font partie des pays les plus importants au monde en termes de réserves de gaz.

Accompagné d’une délégation politique et économique, l’émir du Qatar est arrivé à l’aéroport de Mehrabad à Téhéran vers 13h00 heure locale (08h30 GMT), où il a été reçu par le premier vice-président de la République, Muhammad Mokhber, selon les images diffusées par la télévision iranienne.

Le Cheikh Tamim s’est ensuite installé dans le palais de Saadabad, au nord de Téhéran, où Ebrahim Raissi lui a organisé une réception officielle.

L’agence de presse iranienne IRNA a indiqué que les deux responsables devaient donner une conférence de presse conjointe après une réunion au sommet.

Irna a indiqué que “de nombreux dossiers d’intérêt commun” étaient à l’ordre du jour, dont “la coopération bilatérale pour l’interaction régionale, la coopération dans le cadre de la Coupe du monde de football 2022 organisée par le Qatar, le suivi des échanges des prisonniers (entre l’Iran et les pays occidentaux) et la coopération dans le domaine de l’énergie”.

De son côté, l’agence de presse officielle du Qatar a déclaré que l’émir discutera “du renforcement des relations de coopération entre les deux pays dans divers domaines, et des questions régionales et internationales d’intérêt commun”.

Cette visite a eu lieu à l’invitation du président Ebrahim Raissi, qui s’est rendu en février dernier à Doha où il a rencontré le Cheikh Tamim et participé à un sommet des pays exportateurs de gaz.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a confirmé lundi lors de sa conférence de presse hebdomadaire que le prince Tamim se rendra à Téhéran pour poursuivre les discussions autour des dossiers soulevés par les deux parties à Doha lors de la visite du président iranien, qui place le renforcement des relations avec les pays voisins à la tête des priorités de sa politique étrangère.

Le Qatar, qui entretient de bonnes relations avec l’Iran et les Etats-Unis, a été au centre de l’activité diplomatique iranienne des derniers mois. Des responsables qataris se sont rendus à Téhéran à plusieurs reprises et le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian, s’est rendu à Doha en tout début d’année.

Un responsable du gouvernement du Qatar a déclaré en janvier que Doha “tentait d’aider à relancer le Plan d’action global conjoint”, le nom officiel de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien.

Il y a plus d’un an, l’Iran et les puissances membres de l’accord de 2015 (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Russie et Chine) entamaient des pourparlers à Vienne avec la participation indirecte des États-Unis, qui se sont retirés unilatéralement de l’accord en 2018 sous l’ancien président Donald Trump.

Les négociations visent à réintégrer les Etats-Unis dans l’accord et à lever les sanctions qu’ils ont imposées à Téhéran après leur retrait, en échange du retour de l’Iran au plein respect de ses engagements, qu’il a progressivement abandonnés à partir de 2018.

Les pourparlers ont été officiellement suspendus en mars. Les parties concernées affirment que l’entente est presque totale, avec des points de désaccord qui subsistent entre Washington et Téhéran, notamment en ce qui concerne la demande de l’Iran de retirer le Corps des Gardiens de la révolution de la liste américaine des “organisations terroristes étrangères”.

La visite de l’émir du Qatar à Téhéran coïncide avec celle de Enrique Mora, le coordinateur de l’Union européenne dans les pourparlers nucléaires, qui a tenu jeudi sa deuxième rencontre en deux jours avec Ali Bagheri, le négociateur en chef de la République islamique.

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