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Les condamnations à mort en Iran représentent la moitié des exécutions dans le monde

Depuis la récente élection du nouveau président iranien Ebrahim Raisi, le associations et les analystes ont constaté une augmentation des exécutions et de la répression. Les derniers rapports de l’Organisation iranienne des droits de l’homme dont le siège se situe à Oslo, la capitale norvégienne, ont révélé que le nombre d’exécutions en Iran a augmenté de manière singulière ces deux dernières semaines, alors que les autorités avaient annoncé leur suspension le 9 juin 2021, soit quelques jours avant les élections présidentielles.

Les rapports ont indiqué que le rythme des exécutions s’est accéléré à partir du 20 juin, environ 48 heures après les résultats du scrutin, et que les autorités ont annoncé par le biais de la presse que seules 28 exécutions avaient eu lieu, mais qu’en réalité il y en a eu 117, dont 6 femmes.

L’organisation a exprimé ses inquiétudes concernant le lien qu’il pourrait y avoir entre la hausse du nombre des exécutions non signalées et l’émergence d’une nouvelle opposition politique pendant la campagne électorale. De nombreux citoyens avaient en effet exprimé leur colère contre la candidature d’Ebrahim Raisi qu’ils savaient vainqueur d’avance.

Téhéran insiste sur le fait que la moitié des exécutions sont réalisées conformément aux décisions judiciaires prononcées contre les auteurs de meurtres prémédités. L’autre moitié est composée de trafiquants de drogue, de “rebelles armés” et de membres de minorités religieuses et sectaires, mais les organisations internationales de défense des droits de l’homme remettent en cause la validité de ces classifications et considèrent que la plupart des exécutions visent des dissidents et des leaders de la contestation.

Amnesty International avait déclaré dans un rapport de 2020 que les exécutions en Iran représentaient la moitié du nombre total des exécutions dans le monde, alors que la population iranienne ne dépasse pas 1% de la population mondiale, ce qui implique que le taux iranien des exécutions est cinquante fois plus élevé que dans tous les pays du monde réunis.

Les rapports ont souligné que le nombre total des exécutions dans le monde a baissé en 2020 en raison de la crise sanitaire mondiale et de l’abolition de la peine de mort proclamée dans de plus en plus de pays. Le taux international des exécutions en 2020 a en effet baissé de 74% par rapport à 2019, à l’exception de l’Iran qui a poursuivi son rythme habituel. En 2020, Téhéran a appliqué 246 condamnations à mort sur les 483 prononcées dans le monde au cours de la même année, battant son record de 2018 ou le nombre représentait un tiers du taux international, selon les rapports de l’organisation.

Le chercheur spécialiste des affaires iraniennes, Muhammad Alaeddin, s’attend à voir ce pourcentage sensiblement augmenter au cours de l’année 2021, suite à l’accession au pouvoir du président partisan de la ligne dure, Ebrahim Raisi. Ce dernier a prononcé des centaines de condamnations à mort contre des opposants politiques à la fin années quatre-vingt, et l’opposition l’accuse d’avoir participé à l’élimination de dizaines de milliers de “Moudjahidine du peuple” et d’autres partisans de mouvements et de partis politiques d’opposition.

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