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Un rapport accuse les Talibans d’exploiter sexuellement de jeunes garçons

Un rapport de 2022 du Washington Examiner soutient qu’il y a de plus en plus de preuves accusant les Talibans de crimes sexuels contre de jeunes garçons qu’ils utilisent ensuite comme soldats.

Le rapport a été élaboré par Lark Escobar, spécialiste en sécurité, éducateur et conseiller en matière d’égalité des sexes ayant servi en Afghanistan en 2010 et 2011, et Beth Bailey, écrivaine indépendante de Détroit et ancienne analyste du renseignement civil.

Le texte qui suit est une traduction du rapport dans son intégralité.

Depuis que les Talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan en août 2021, les enfants et les adolescents afghans sont de plus en plus exposés à la famine, aux mariage forcés, au trafic d’organes et aux catastrophes naturelles. De nombreuses preuves indiquent également que les Talibans exploitent sexuellement de jeunes garçons et les utilisent comme enfants soldats.

Selon le témoignage d’un demandeur de visa spécial, qui vit dans une ville afghane, les Talibans entrainent des garçons âgés d’à peine 10 ans dans les bureaux et les checkpoints pour qu’ils servent comme soldats et gardes du corps. Il a déclaré avoir été fouillé par un petit garçon à un poste de contrôle, qui “n’était pas en mesure de tenir correctement un AK-47”.

Le témoin a également affirmé que les talibans utilisent leurs jeunes recrues pour le « bacha bazi », un jeu pédophile impliquant des garçons. Lors de ces fêtes, les garçons sont drogués et obligés à porter des vêtements féminins, du maquillage et des perruques, et à exécuter des danses féminines traditionnelles. Il ajouté que ces enfants sont également forcés de satisfaire sexuellement les Talibans.

Bien qu’il soit contraire à l’islam., le « Bacha bazi » possède une longue histoire dans les cultures pachtoune et tadjike et est pratiqué dans toute l’Asie centrale. Plutôt que d’être perçu comme un acte homosexuel, le fait d’avoir des relations sexuelles avec un jeune garçon danseur est considéré comme une expression de la masculinité qui préserve également la dignité des femmes. Certains de ces jeunes garçons, connus sous le nom de « bacha be reesh », s’adonnent à cette pratique pour gagner de l’argent. D’autres peuvent être vendus ou kidnappés, puis contraints à s’adonner à cette pratique. Les garçons danseurs font l’objet d’un vaste trafic dans tout le pays jusqu’à ce qu’ils deviennent trop virils au gout de leurs bourreaux. Des sources ont indiqué que les Talibans s’en débarrassent ou les tuent.  

Sous l’ancien régime des Talibans, le « bacha bazi » était passible de la peine de mort. Les seules preuves publiées suggérant la tolérance des Talibans envers le « bacha bazi » proviennent de rapports datés de 2016, selon lesquels des membres talibans utilisaient des garçons danseurs pour infiltrer les quartiers généraux de la police afghane, où ils droguaient et tuaient des employés du gouvernement.

En décembre 2021, un commandant taliban a été accusé d’avoir drogué et violé un garçon mineur, un crime qui pourrait bien être liée à cette pratique. Il occupe actuellement le poste de chef des médias de la police.

Depuis leur retour au pouvoir en Afghanistan, les talibans n’ont pas évoqué leur position à l’égard du « bacha bazi ». Cependant, des photos et des vidéos récentes suggèrent que des membres talibans se sont livrés à cette pratique. Tout comme le récent rapport des Nations unies sur les violations des droits de l’homme en Afghanistan, ces preuves remettent en cause l’autorité des chefs talibans sur leurs subordonnés.

La preuve la plus tangible provient d’une vidéo publiée le 6 juin, dans laquelle un enfant de sexe masculin, de petite taille et titubant, est manipulé à travers une pièce avant d’exécuter une danse sexuellement provocante pour les hommes armés qui l’entourent. Pendant que le garçon bouge son corps fluet, les hommes présents dans la pièce l’acclament, l’applaudissent, partagent des cigarettes et caressent son corps. Le magazine « Kabul », qui a publié une version courte de la vidéo sur Facebook le 24 septembre 2021, prétend que les hommes sont des membres talibans.

Leslie Merriman, une bénévole qui soutient les candidats au programme spécial d’immigration pour les Afghans, a expliqué que les commandants talibans pouvaient détenir jusqu’à cinq garçons qu’ils pouvaient utiliser pour la danse, le sexe, comme domestiques ou assistants administratifs.

Selon une femme afghane ayant également demandé un visa spécial pour quitter le pays, des « centaines de jeunes garçons » ont été enlevés « dans les rues, les magasins, sur leur lieu de travail [ou] même à leur domicile ». Certains sont enrôlés pour combattre auprès des Talibans. D’autres sont forcés de devenir danseurs. Selon cette femme, les familles des garçons kidnappés « cachent le problème car pour elles il s’agit d’une grande honte ».

Un membre de la diaspora afghane a déclaré qu’un commandant taliban avait enlevé le neveu de son ami, qui est tadjik, dans une province du nord de l’Afghanistan peu après août 2021. Le père du garçon soupçonne que son fils est utilisé pour le « bacha bazi ». Il est dévasté mais n’a aucun moyen d’extirper son fils, qui a entre 15 et 16 ans, des mains de ses ravisseurs.

Dans le nord de l’Afghanistan, de nombreuses personnes sont issues de groupes ethniques minoritaires non pachtounes. Certains de ces groupes sont activement impliqués dans la résistance contre les Talibans. En kidnappant les enfants des minorités ethniques, les Talibans peuvent mener un génocide lent, condamnant les garçons à devenir des victimes de la guerre des talibans contre le Front de résistance nationale, ou à être maltraités et tués lorsqu’ils atteignent l’âge adulte.

L’implication des Talibans dans le « bacha bazi » a également une incidence sur les femmes afghanes, dont les droits humains sont déjà sévèrement restreints sous le régime taliban. Les représentations associées à ces danses indiquent comment les hommes virils doivent traiter les femmes. Cela confirme que les femmes afghanes sont reléguées au rang de simples objets sexuels par les Talibans.

Par ailleurs, ces allégations confirment que Tes talibans bafouent les lois internationales. Recruter des enfants pour en faire des soldats constitue un crime de guerre qui enfreint le droit humanitaire international. L’abus sexuel sur enfants est une violation des articles 19 et 34 de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, qui a été ratifiée par le gouvernement afghan en 1994.

L’innocence des enfants afghans a été bafouée pendant des décennies d’un conflit sans fin. La communauté internationale doit agir pour vérifier l’exactitude de ces informations et protéger le droit des enfants afghans à une enfance sans enrôlement forcé ni abus sexuels.

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