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Somalie : des femmes prennent les armes pour combattre le mouvement terroriste al-Shabab

Alors que les combats s’intensifiaient et que les initiatives militaires de la population locale et des forces gouvernementales se poursuivaient dans les régions somaliennes de Hiran et Galguduud contre le mouvement terroriste al-Shabab fidèle à al-Qaïda, des vidéos de femmes portant des kalachnikovs sur leurs épaules sont apparues. Ces dernières expliquent qu’elles ont décidé de se libérer du groupe al-Shabab qui leur fait vivre en enfer.

Bien qu’un bon nombre de femmes aient rejoint les rangs de l’armée, la culture locale voit d’un mauvais œil leur participation à la guerre. De nombreuses familles ont exprimé leur mécontentement face à la présence de ces femmes soldats dans les forces armées, quelles que soient leurs motivations. Cependant, les récentes batailles ont vu une augmentation notable du nombre de filles portant des armes lourdes et combattant les terroristes avec bravoure.

Récemment, le mouvement al-Shabab a multiplié les opérations qui consistent à incendier des maisons, à détruire des puits et à décapiter des civils dans la province de Hiran. Les terroristes du mouvement exigent également des habitants qu’ils paient des impôts très élevés, au milieu de la pire sécheresse ayant survenu ces 40 dernières années, ce qui a décidé plus d’habitants, dont des femmes, à prendre les armes.

Le ministère somalien de l’Information a expliqué dans un communiqué que les zones qui ont connu des affrontements entre la population et le mouvement al-Shabab ont une importance stratégique, car le mouvement s’en servait pour envoyer ses milices de l’est du pays vers la zone côtière, et que des préparatifs sont actuellement effectués par la population locale en vue d’une bataille majeure avec le mouvement al-Shabab dans la région de Galguduud, dans l’État de Galmudug.

Certains peuvent penser que cette solidarité en Somalie peut vaincre al-Shabab pour de bon, mais Anwar Boukhars, chercheur en relations internationales, a déclaré que ce qui se passe en Somalie est un flux dynamique de violence. Depuis le début de son insurrection, le mouvement al-Shabab a été régulièrement impliqué dans des embuscades, des attaques complexes et des batailles contre les forces de sécurité gouvernementales et non gouvernementales et les forces de l’Union africaine, et dans une moindre mesure, le mouvement utilise des kamikazes, déploie des engins explosifs improvisés et organise des assassinats ciblés de responsables gouvernementaux et de civils comme moyen d’intimidation, et impose des sanctions sévères aux citoyens qui ne respectent pas les lois qu’il impose.

Dans une étude intitulée « Tracks of Violence against Civilians by Extremist Islamic Groups in Africa », le chercheur a affirmé que le recours à la violence tactique par le groupe contre les civils a connu des cycles de hauts et de bas au fil du temps, s’adaptant aux stratégies sécuritaires du gouvernement somalien et de ses partenaires.

Alors que les interventions des forces de sécurité régionales menaçaient la survie du groupe, son contrôle sur le territoire et sa capacité à lancer des attaques contre des civils ont diminué. Mais, avec le temps, le groupe a augmenté son recours aux attentats-suicides et à l’utilisation d’engins explosifs improvisés, provoquant une hausse de décès parmi les civils entre 2015 et 2016, selon l’étude.

Anwar Boukhars a ajouté que le mouvement a également intensifié les attaques contre les entreprises qui refusent de lui verser de l’argent en échange de sa protection. La période comprise entre 2017 et 2019 a été particulièrement meurtrières pour les civils. Al-Shabab a mené près de 900 attaques directes et indirectes contre eux, tuant près de 2000 personnes à l’aide d’explosifs improvisés dans la majorité des cas.

Dans ce contexte, le risque de représailles contre la population, les tribus et les femmes demeure très important.

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