Analyse politiqueLes Frères musulmans

Tunisie : Ennahda se dissimule derrière des partis fictifs, selon un expert

Le mouvement islamiste Ennahda, branche tunisienne de la Confrérie des Frères musulmans, ne compte pas renoncer à sa place au sein du prochain parlement dont les membres doivent être élus le 17 décembre prochain, et pendant que le pays attend la nouvelle loi législative sur l’organisation des élections, les médias annoncent une nouvelle scission au sein d’Ennahda, pouvant conduire à la création d’un nouveau parti.

Selon des sources non divulguées, ce nouveau parti serait en train de se distancier de l’étendard « Ennahda » en s’y opposant, indiquant qu’il pourrait potentiellement se rapprocher du président Kais Saied, et se mettre en accord avec le processus du 25 juillet 2021, du moins partiellement.

Ces sources s’attendent à ce que Samir Dilou, Frère musulman ayant démissionné de la Confrérie, dirige le nouveau parti aux côtés de certains membres du parlement dissous.

Elles suggèrent également que le nouveau parti tient à ne pas médiatiser son idéologie afin de ne pas provoquer la colère et le rejet de la population.

D’après l’expert juridique tunisien, Hazem al-Kassouri, le parti attendu ne représentera qu’une façade destinée à dissimuler le mouvement Ennahda aux prochaines élections qui auront lieu dans trois mois.

Il a souligné qu’il y a de bel et bien des différences entre Ennahda et ses anciens membres, mais que le parti islamiste exploite la situation pour former un nouveau parti prétendument basé sur ces différences, afin de s’assurer l’approbation de l’opinion publique. Ainsi, le nouveau parti porterait la mêmes idéologie qu’Ennahda, sans être accablé par les crimes qu’il a commis et qui le privent de la vie politique.

Il convient de rappeler que mouvement Ennahda fait face à des accusation graves ; soutien au terrorisme, incitation des jeunes à se rendre dans les zones de conflit en Syrie et en Irak, et assassinats politiques dont les meurtres des politiciens Chokri Belaid et Mohamed Brahmi.

Le chef du mouvement Ennahda, Rached Ghannouchi, a déjà fait l’objet d’une enquête dans l’affaire des assassinats politiques, et l’équipe de défense des victimes a confirmé détenir des preuves de l’implication d’Ennahda.

Les opposants attendent la loi électorale pour empêcher le mouvement de passer par le Parlement, que cela soit en son nom officiel ou à travers des partis derrière lesquels il se tient.

En plus d’employer la ruse pour surmonter les obstacles à sa participation aux élections, Ennahda se sert d’autres méthodes pour entraver les élections, à travers notamment la décision du “Front de salut national” de boycotter les élections arguant qu’elles se déroulent dans une atmosphère antidémocratique.

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