Iran

Depuis sa résidence surveillée, l’ancien Premier ministre iranien Moussavi met en garde contre la succession de Khamenei par son fils  

Depuis sa résidence surveillée, l’ancien Premier ministre iranien et chef du Mouvement vert, Mir Hossein Moussavi, a mis en garde contre la succession du Guide suprême par son fils Mojtaba Khamenei, et a condamné les activités régionales de l’Iran en les qualifiant de “crimes honteux”.

Il a également mis en garde contre la légation de Velayat-e faqih en Iran (les conservateurs de la jurisprudence), faisant référence à des rumeurs qui se sont propagées dans ce sens, selon lesquelles le fils du Guide prendrait la direction des chiites après la mort de son père.

Il a ajouté : « Cela fait 13 ans que les discussions autour de ce complot vont bon train, alors s’ils n’ont pas vraiment l’intention de mettre cela en œuvre, pourquoi ne nient-ils pas cette affaire au moins une fois ? »

Né en 1969 à Mashhad, Mojtaba Khamenei est devenu une figure mystérieuse mais puissante du système iranien. Il est le deuxième fils aîné d’Ali Khamenei. Son pouvoir est à la fois justifié par ses liens familiaux et par ses fonctions au sein du Bureau du Guide suprême.

Hossein Moussavi, le candidat qui a protesté contre les résultats des élections de 2009, a qualifié le général Hossein Hamadani, le haut commandant de la Force Al-Qods, la branche d’intervention étrangère des Gardiens de la Révolution, de chef de la « disgrâce ». Le général Hamadani a été tué en Syrie en raison de son rôle dans la répression des manifestations en Iran.

Le « drame syrien »

En référence au « drame qui se poursuit » en Syrie, Hossein Moussavi a écrit : « Le plus grand péché de notre gouvernement est la falsification de la vérité, parce qu’il donne de grands noms aux crimes les plus odieux, parce que défendre les sanctuaires doit consister à défendre le cœur des croyants en affrontant les oppresseurs (…). Au lieu de cela, l’expression ‘défendre les sanctuaires’ est utilisée pour faire couler le sang dans des pays étrangers dans le but de consolider les fondations d’un régime qui assassine des enfants. »

L’ancien Premier ministre a également attribué les millions de Syriens déplacés et les centaines de milliers de morts en Syrie aux « actions perverses du régime iranien chez lui et dans la région ».

Il a ajouté que « les complications entrainées par ces actions en Iran et dans la région trouvent toutes leurs racines dans une seule erreur fondamentale, qui est la manipulation des véritables aspirations des peuples ».

Mir Hossein Moussavi a évoqué les événements d’Achoura 2009 et le « recrutement de voyous », en référence à la répression sanglante des manifestations et au rôle tenu par le général Hossein Hamadani dans l’exécution de celle-ci.

Il a ajouté : « Quelle a été la peine infligée à ce général éhonté qui a avoué et s’est vanté de ce crime ? Sa vie perdue en exil n’est-elle pas devenue la victime d’un autre tyran (le régime d’Assad) ?

Des protestations massives

Il convient d’indiquer que l’ancien Premier ministre iranien Mir Hossein Mousavi et l’ancien président du Parlement Mehdi Karroubi s’étaient présentés aux élections présidentielles controversées de 2009. Leurs partisans les décrivaient comme les « leaders du Mouvement vert ». Après l’annonce de la victoire de Mahmoud Ahmadinejad à ces élections, le Mouvement vert a dénoncé des élections truquées en raison de l’ingérence des institutions militaires et sécuritaires dans le dépouillement des bulletins de vote.

Dans plusieurs villes iraniennes, en particulier à Téhéran, la capitale, des milliers de citoyens ont manifesté pour exprimer leur rejet des résultats des élections présidentielles. Les agences militaires et de sécurité les ont réprimés en utilisant une violence excessive.

Depuis janvier 2010, Mir Hossein Moussavi, son épouse Zahra Rahnavard, Mehdi Karroubi et son épouse Fatemeh Karroubi, ont été placés en résidence surveillée. Cette décision a été prise par le Conseil suprême de sécurité nationale plutôt que par la justice.

Plus tard, des responsables iraniens, dont l’ancien chef de la police, ont affirmé que la décision a été rendue par le Guide suprême lui-même.  

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