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Un film sur l’Iran salué par la critique à Cannes a été interdit par le régime iranien

Un film iranien qui relate la lutte d’une famille dans le pays frappé par les sanctions a été interdit par les autorités iraniennes après sa présentation au Festival de Cannes cette année.

“Leila’s Brothers”, réalisé par Saeed Roustaee, a été interdit jusqu’à nouvel ordre par l’Organisation du cinéma d’Iran, a déclaré le ministre de la Culture Mohammad-Mehdi Esmaili à l’agence de presse officielle IRNA.

Le film “a enfreint les règles en s’inscrivant à des festivals de films internationaux sans autorisation”, a déclaré le COI.

“Leila’s brothers” a raté la Palme d’or, le premier prix du festival de Cannes, le mois dernier, mais a remporté le prix de la Fédération internationale des critiques de cinéma (FIPRESCI).

Le film s’est vu refuser sa sortie en salle en Iran en raison du refus de Saeed Roustaee de le “corriger” de la façon exigée par le ministère, a indiqué la COI.

Saeed Roustaee, réalisateur, scénariste et producteur de 32 ans, avait déjà séduit les critiques à l’étranger avec “Just 6.5”, un thriller policier sorti en 2019.

Depuis un quartier populaire de Téhéran, il a déclaré au journal réformiste Shargh : “J’ai un engagement social envers la classe à laquelle j’appartiens… Rien dans mes films n’est symbolique.”

Interrogé par Paris Match à propos de la dimension universelle de son film « Leila’s brothers », Saeed Roustaee a répondu : « La première condition pour être universel c’est d’être local. Je pense que ce qui m’importait vraiment, c’était d’être fidèle à la vérité des personnages, de construire une histoire qui se tient et de respecter les lois du cinéma pour la mettre en scène, et je pense qu’en respectant tout cela, j’ai pu toucher les spectateurs du monde entier. Le fait que le film soit très bavard m’inquiétait, j’avais peur que ce soit un obstacle mais les dialogues étaient importants pour développer tous les thèmes que je voulais aborder à travers cette histoire. »

Malgré tous les obstacles posés par les autorités iraniennes, le pays offre depuis longtemps une scène cinématographique brillante, avec des personnalités comme Jafar Panahi et Asghar Farhadi qui remportent des prix dans le monde entier.

L’Iranienne Zar Amir Ebrahimi a remporté au Festival de Cannes de cette année le prix de la meilleure actrice pour son rôle dans “Holy Spider”, un film dans lequel elle incarne une journaliste qui tente de résoudre une enquête sur les meurtres en série de prostituées dans la ville sanctuaire chiite de Mashhad.

Zar Amir Ebrahimi, 41 ans, vit en exil depuis qu’une campagne de diffamation a été lancée sur sa vie amoureuse.

Le prix qu’elle a reçu a irrité le régime iranien qui a accusé les organisateurs du Festival de Cannes de “commettre un acte partial et politique en faisant l’éloge d’un film faux et dégoûtant”.

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