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La Belgique rapatrie 16 enfants de l’Etat islamique en Syrie

La Belgique a rapatrié d’un camp du nord-est de la Syrie sous contrôle kurde, 16 enfants et 6 mères, tous membres de familles de djihadistes belges. Il s’agit de la plus importante opération de ce type organisée par Bruxelles depuis la défaite de l’État islamique en Syrie en 2019.

Le rapatriement a été organisé en coopération entre la police et les ministères de la Défense et des Affaires étrangères, et a été révélé par le parquet hier matin (21 juin), dès que l’avion militaire belge transportant le groupe a atterri sur la base de Melsbruck près de Bruxelles avant de transférer ses membres en lieu sûr.

L’Administration autonome kurde du nord-est de la Syrie a confirmé avoir remis dimanche à une délégation belge 16 enfants et 6 femmes, tous membres de familles djihadistes.

Une source proche du dossier a rapporté que le groupe était monté à bord d’un avion à Erbil, en Irak, après avoir traversé la frontière syro-irakienne.

Tous séjournaient dans le camp de Roj, d’où dix enfants et leurs six mères ont été sortis en juillet 2021 dans le cadre d’une première opération d’envergure organisée par le gouvernement belge.

Le procureur fédéral belge, Frédéric Van Leeuw, a précisé lors d’une conférence de presse que les 16 mineurs ont tous moins de 12 ans et qu’ils sont « nés entre 2010 et 2019 ». A leur arrivée, ils ont été conduits à l’hôpital pour y subir des examens avant d’être remis à la Direction de la protection de la jeunesse.

Quant aux six mères, des combattantes précédemment condamnées en Belgique à des “peines allant jusqu’à cinq ans de prison”, elles ont été incarcérées. Le Procureur de la République a expliqué que cette opération s’accompagnait d’une “décision politique… qui place l’intérêt des enfants au-dessus de toute autre considération”.

Le 4 mars 2021, au lendemain du feu vert accordé par les instances antiterroristes, le Premier ministre belge Alexander de Croo a promis de « faire tout ce qui est en son pouvoir » pour récupérer les enfants de moins de 12 ans dont la nationalité belge a été démontrée.

En plus de prouver leur nationalité, les mères auraient dû exprimer leur “repentir” et abandonner leur démarche djihadiste, ont estimé mardi les autorités belges.

Hormis les combattants belges toujours détenus dans la région, au nombre “de 10 à 15, selon le parquet fédéral”, “il reste encore des femmes et des enfants”. Bernard de Vos, Délégué général aux droits de l’enfant (DGDE), a indiqué que le nombre d’enfants belges est de cinq.

La Belgique et la France font partie des pays européens qui ont vu le plus grand nombre de leurs citoyens partir rejoindre les rangs des organisations djihadistes étrangères après le déclenchement du conflit en Syrie en 2011. En 2012, plus de 400 Belges ont rejoint la Syrie.

Depuis la défaite de l’État islamique en mars 2019 dans son dernier bastion à Baghouz, dans l’est de la Syrie, des centaines de femmes et d’enfants de différentes nationalités ont été transférés vers des camps kurdes, tandis que les hommes sont emprisonnés.

Contrairement à la Belgique et à l’Allemagne, la France continue de poursuivre une politique de rapatriement lente qui fait l’objet de critiques, alors que les conditions de vie dans les camps sont “déplorables”, selon les Nations unies.

Le UN Family Rights Caucus appelle régulièrement le président français Emmanuel Macron à récupérer les enfants “prisonniers en Syrie” au nom des “obligations internationales” de l’Etat français, notamment la Convention internationale des droits de l’enfant signée par la France.

Environ 80 épouses de djihadistes et 200 enfants français sont encore bloqués dans le camp de Roj. Depuis 2016, 126 enfants ont été rapatriés de Syrie et d’Irak. Le 14 décembre 2021, une Française de vingt-huit ans, atteinte de diabète, y est décédée.

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