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Kais Saied : « La religion concerne les Tunisiens et non l’Etat »

Un mois environ avant le référendum sur la constitution de la « nouvelle république », le président tunisien Kais Saied a affirmé aujourd’hui que la proposition de révision du premier chapitre de la constitution stipule que la Tunisie est « une nation dont la religion est l’islam » mais que l’État aspire seulement à « réaliser les objectifs de l’islam ».

Lundi, la présidence tunisienne a annoncé que Kais Saied a reçu le nouveau projet de constitution de la part du responsable de l’instance de rédaction, Sadiq Belaid, qui a suggéré la possibilité de supprimer le premier chapitre de la constitution tunisienne dans sa forme actuelle.

Le premier chapitre de la constitution de 2014 actuellement en vigueur, stipule que « a Tunisie est un État libre, indépendant et souverain. L’islam est sa religion, l’arabe est sa langue et la république est son système ». Il s’agit du même texte conservé depuis la constitution de 1959.

Le président tunisien a déclaré mardi depuis l’aéroport de Tunis-Carthage, ou il a salué les premiers départs pour le pèlerinage à la Mecque, que l’islam « concerne l’individu, et que l’État, en revanche, cherche à atteindre les intentions de l’islam ».

“Sous les régimes dictatoriaux, les idoles sont fabriquées et vénérées, ce qui est une sorte de polythéisme, et l’islam en est innocent”, a déclaré le président.

Il a ajouté : « Dans la constitution, nous parlons d’une nation dont la religion est l’islam, et non d’un État dont la religion est l’islam. »

Saied a expliqué que “les plus importantes caractéristiques de la nouvelle constitution sont relatives à l’unité de l’État, et que la question ne réside pas dans le système politique, qu’il soit parlementaire ou présidentiel. L’élément le plus important est l’unité de l’État. Ce qui s’est produit en 2014 est un démantèlement de l’État », en référence à l’année au cours de laquelle la constitution actuelle a été approuvée.

 « La chose la plus importante pour parvenir à la démocratie est de créer un équilibre entre les pouvoirs et de répondre aux demandes économiques et sociales des Tunisiens », a-t-il ajouté.

Il a souligné la nécessité de « mettre fin au monopole et aux abus sur le peuple », notant que « l’Etat doit assumer sa responsabilité à cet égard”.

Le 4 juin, les sessions du « dialogue national » appelé par Saied ont été lancées en vue d’organiser le référendum du 25 juillet sur la nouvelle constitution, dans l’espoir de mettre un terme à la crise politique qui fait rage dans le pays depuis plusieurs années.

Depuis son accession à la présidence en 2019, Kais Saied, professeur de droit constitutionnel, a critiqué à plusieurs occasions le système politique tunisien et la constitution de 2014.

Les résultats de la consultation électronique nationale menée par la présidence de la République entre janvier et mars, ont montré qu’environ 86 % des participants souhaitent changer le système politique tunisien en un système présidentiel.

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