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La France et la Tunisie conviennent de renforcer la lutte contre l’extrémisme

Lors de sa rencontre avec Gilles Kepel, l’envoyé spécial du président français Emmanuel Macron, la Première ministre tunisienne Najla Bouden a souligné la nécessité d’encadrer et de former les jeunes pour faciliter leur insertion dans la vie professionnelle, leur implication dans la société, et pour les protéger des dangers de l’extrémisme et prévenir les flux d’immigration illégale.

Selon un communiqué publié par le gouvernement à l’issue de cette rencontre au Palais du gouvernement dans la Kasbah, en présence de l’ambassadeur de France en Tunisie André Baran, Najla Bouden a insisté sur “le rôle de l’État dans la réduction des disparités régionales et sociales en apportant des réformes structurelles aux institutions et aux établissements et en développant le système éducatif et universitaire”.

Pour sa part, Gilles Kepel a déclaré, selon le communiqué, que “depuis janvier dernier, il a été chargé de préparer un rapport sur l’impact des changements dans les bassins sud et est de la Méditerranée et dans la région du Sahel et du Sahara” en Afrique, sur la société française, en particulier en ce qui concerne l’islam de France.

L’émissaire français a souligné “l’importance d’échanger des expériences et des visions entre les pays des deux rives de la Méditerranée, en particulier la Tunisie, la France et l’Italie, pour identifier les causes du phénomène de l’extrémisme violent dans nos sociétés et les moyens d’y remédier”.

Gilles Kepel, envoyé du président Emmanuel Macron arrivé en Tunisie pour un séjour à durée indéterminée, est un spécialiste des sciences politiques et des affaires du monde arabe et islamique. Il est également directeur de la Chaire Moyen Orient et Méditerranée à l’Institut d’études politiques de Paris.

La Tunisie et la France ont toutes deux souffert des répercussions de l’idéologie extrémiste. Les deux pays ont été victimes de nombreuses opérations terroristes dans lesquelles sont impliqués des groupes liés à l’Etat islamique et al-Qaïda.

Malgré le risque croissant d’une résurgence des opérations terroristes, les deux pays ont réussi ces dernières années à réduire la menace.

En juillet 2020, un rapport du Sénat français a mis en garde contre le danger croissant des groupes politiques islamistes en France, dirigés par les Frères musulmans et des groupes salafistes qui se disent non violents et qui tentent d’influencer la société.

Après plusieurs attentats terroristes en France, le président français Emmanuel Macron a décidé de protéger les valeurs de la république en publiant un projet de loi, obligeant les représentants des communautés musulmanes à s’y conformer afin de faire face à l’extrémisme.

En Tunisie, les gouvernements successifs ont contré la menace de l’extrémisme en appelant à la tolérance et en récupérant les mosquées sous le contrôle de groupes djihadistes, qui ont longtemps exploité les minarets pour répandre l’idée du combat djihadiste.

Malgré une avancée significative dans le démantèlement des cellules dormantes et le déjouement des opérations terroristes, des groupes extrémistes continuent de lancer de temps à autre des attaques contre les quartiers généraux de la sécurité.

La France a réitéré son soutien à la Tunisie dans différents domaines dont la sécurité, notamment après le 25 juillet dernier, date à laquelle le président tunisien Kais Saied a pris des mesures exceptionnelles avec la dissolution du gouvernement précédent, la destitution de son président islamiste Hisham al-Mashishi, le gel du parlement (dissout le mois dernier) et la levée de l’immunité de ses députés.

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