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La Turquie se sert des infrastructures de l’Afghanistan pour s’immiscer dans le pays

La Turquie poursuit ses efforts pour consolider ses relations avec les talibans en Afghanistan, notamment à travers les pourparlers qui se déroulent entre Ankara et Kaboul sur les actuels et futurs domaines de coopération entre les deux pays, dont la gestion des infrastructures afghanes qui ont subit une grave détérioration.

La Turquie met à profit son expérience en expertise technique pour s’étendre en Afghanistan. Les autorités turques ont d’ailleurs récemment reçu à Ankara Mujibur Rahman Omar, le sous-secrétaire du ministère de l’Énergie et de l’Eau du gouvernement intérimaire des talibans, pour un entretien avec le sous-secrétaire turc du ministère de l’Agriculture et des Forêts autour des modalités de coopération entre les deux pays, tous deux impliqués dans la gestion de l’approvisionnement en eau de la population afghane.

L’expertise technique turque est attractive pour les afghans. L’agence afghane “Bachter” a indiqué que les talibans avaient soumis une demande d’assistance technique à la Turquie dans le but d’attirer les investisseurs turcs en Afghanistan et d’approfondir la coopération entre les deux parties dans le domaine de l’approvisionnement en eau.

Selon les informations disponibles, les pourparlers ont inclut une réunion avec des membres du Conseil des affaires turco-afghanes, qui ont discuté des projets du secteur hydroélectrique dans le pays, dont le projet du barrage de Kajki en cours de construction par des entrepreneurs turcs. Les afghans ont parlé d’assurer la sécurité et de s’engager à résoudre prochainement les problèmes auxquels est confronté le secteur bancaire.

La Turquie, qui a de solides liens historiques et ethniques avec l’Afghanistan, était présente sur le terrain avec des forces non combattantes, en tant que seul pays musulman membre de l’OTAN ayant soutenu les forces américaines en Afghanistan. Par ailleurs, Ankara est également allié du Pakistan voisin.

Dès le retrait des forces étrangères d’Afghanistan l’année dernière, Ankara a tenté de gagner le droit d’exploiter l’aéroport de Kaboul que les forces turques ont surveillé pendant six ans, mais les talibans ont rejeté l’offre et ont insisté pour que l’armée turque se retire du pays au même titre que toutes les forces étrangères. Cependant, les talibans ont changé d’avis et ont accepté plus tard de coopérer avec les Turcs.

La Turquie de son côté, n’a pas renoncé à ses ambitions de mettre la main sur l’aéroport de Kaboul. En décembre 2021, l’agence de presse officielle turque “Anadolu” a rapporté qu’Ankara avait conclu un accord préliminaire avec l’Afghanistan sur l’exploitation de l’aéroport de Kaboul et de 4 autres aéroports, après les négociations qui se sont déroulées entre les délégations qatarie et turque, et qui ont abouti à la signature d’un protocole d’accord entre deux sociétés de Turquie et du Qatar sur la base d’un partenariat égal.

Depuis fin août 2021, des experts turcs participent à l’exploitation de l’aéroport de Kaboul, qui revêt une grande importance pour l’Afghanistan, pays non riverain, et dont les pistes ont été fortement endommagées par le chaos des évacuations et de l’attaque terroriste du 26 août, revendiquée par l’Etat islamique.

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