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Tunisie : Ennahda soupçonné du meurtre d’al-Adaili, un opposant qui détenait des informations compromettantes sur le Mouvement

Le capitaine Mohsen al-Adaili a été retrouvé le 16 janvier 2022, pendu à son domicile de la ville de Bir Bou Rakba, située à une soixantaine de kilomètres au sud de Tunis. L’incident a provoqué un choc dans les milieux politiques tunisiens, notamment lorsque des proches d’al-Adaili ont confirmé qu’il était sur le point de révéler des informations compromettantes sur le Mouvement islamiste Ennahda, branche tunisienne de la Confrérie des Frères musulmans.

Le journaliste tunisien Nizar Jlidi, a affirmé avoir fait l’objet d’intimidations de la part d’inconnus qui l’ont menacé de lui faire subir le même sort qu’al-Adaili, apportant davantage de complications à l’affaire.

Nizar Jlidi qui réside en France, est l’un des proches d’al-Adaili ayant confirmé son meurtre et non son suicide, sur la base d’informations qu’al-Adaili lui-même leur avait confiées et qui justifieraient son meurtre à ce moment précis.

Al-Adaili devait se rendre à une audience au tribunal prévue le lendemain de sa mort, pour témoigner dans le cadre d’une affaire d’octroi illégal de licences de taxi aux rapatriés des zones de conflit. Selon Nizar Jlidi, al-Adaili avait l’intention de présenter des documents condamnant Ennahda dans ce dossier.

Ennahda est accusé depuis longtemps d’assassiner ses détracteurs, et les menaces révélées par Jlidi ont soulevé davantage de questions sur la façon dont le Mouvement traite avec ses opposants. Ceux qui soutiennent ce point de vue se basent sur l’assassinat des politiciens tunisiens de gauche Chokri Belaid et Mohamed Brahmi.

Nizar Jlidi a a déclaré au journal “La Référence” que les menaces qu’il a reçues provenaient d’inconnus en Libye. Il a indiqué qu’il ignorait leur source, mais des enquêtes ont été ouvertes pour déterminer leur bien-fondé et identifier les individus qui en sont à l’origine.

Jlidi estime que la mort d’al-Adaili jette une zone d’ombre supplémentaire sur la scène politique tunisienne, et qu’elle confirme l’existence d’une réelle pression sécuritaire sur quiconque veut dénoncer la corruption de la Confrérie tunisienne des Frères musulmans.

Le journaliste a critiqué la gestion de l’incident par l’administration tunisienne qu’il a jugée “moyenne” et loin d’être à la hauteur de l’événement et des informations dont disposait al-Adaili.

Il a expliqué que l’incident est similaire à l’assassinat de l’officier égyptien de la sécurité nationale Mohamed Mabrouk, tué le 17 novembre 2013, juste avant de témoigner dans une affaire d’espionnage liée aux Frères musulmans.

Il a également exclu un quelconque effet dissuasif sur le Mouvement Ennahda, “d’autant que le Mouvement possède de nombreux collaborateurs et cellules dans toutes les administrations tunisiennes”, a t-il ajouté.

Nizar Jlidi a souligné que le Mouvement a la volonté de revenir par tous les moyens, alors que le peuple tunisien se trouve dans un état à la fois de stupéfaction et de résolution à mettre un terme à ses méfaits. Ennahda s’attendait à ce que la mort d’al-Adaili résolve des dossiers tels que le meurtre de Belaid et de Brahmi, en suspens depuis environ neuf ans.

Il a conclu en affirmant que le peuple tunisien reste le seul outil de dissuasion contre Ennahda, et que le pays ne peut compter sur personne d’autre.

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