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Moscou accorde aux talibans une semi-reconnaissance de leur autorité en Afghanistan

Mercredi, à l’occasion du lancement des pourparlers internationaux sur l’Afghanistan organisés par la Russie en présence des représentants des nouveaux dirigeants afghans, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a reconnu les “efforts” des talibans pour parvenir à la stabilité politique et militaire du pays, et a mis en garde contre la menace que fait peser l’Etat islamique sur les anciennes républiques soviétiques voisines de l’Afghanistan.

“Moscou cherche à affirmer son influence en Asie centrale et à pousser à l’action contre les militants de l’État islamique qui foisonnent dans ce pays fragile”, a déclaré la semaine dernière le président russe Vladimir Poutine.

“Nous reconnaissons les efforts déployés pour stabiliser la situation politico-militaire”, a déclaré Lavrov lors de la première journée des pourparlers à Moscou, notant qu'”il existe un réel danger que des activités terroristes et un trafic de drogue se répandent sur les territoires des pays voisins”.

Ces pourparlers, auxquels participent des responsables de dix pays dont la Chine et le Pakistan, sont l’une des réunions internationales les plus importantes auxquelles les talibans ont participé depuis leur arrivée au pouvoir mi-août 2021.

La délégation talibane est dirigée par le vice-Premier ministre, Abdul Salam Hanafi, une éminente figure de la nouvelle direction afghane qui a déjà eu des entretiens avec l’Union européenne et les États-Unis la semaine dernière.

Ces réunions ont eu lieu après les pourparlers entre les talibans et les responsables turcs à Ankara. Bruxelles de son côté a promis 1 milliard d’euros pour éviter une crise humanitaire après la prise de pouvoir du mouvement.

Moscou a déclaré que la formation d’un “gouvernement inclusif” serait à l’ordre du jour des pourparlers, et que les participants publieraient une déclaration commune à l’issue de celle-ci.

Bien que le mouvement soit classé comme “organisation terroriste” en Russie, Moscou a déjà accueilli des représentants talibans à plusieurs reprises au cours des dernières années.

De hauts responsables russes, dont Vladimir Poutine, ont exprimé leur inquiétude concernant la sécurité en Afghanistan depuis que les talibans ont pris le pouvoir et que les troupes militaires étrangères se sont retirées après près de 20 ans de présence dans le pays.

La semaine dernière, le président russe a averti qu’environ 2 000 combattants fidèles à l’État islamique avaient afflué vers le nord de l’Afghanistan, indiquant que leurs dirigeants prévoyaient de les transférer vers les pays voisins d’Asie centrale ou ils peuvent séjourner en tant que réfugiés.

Poutine a noté que les dirigeants de l’État islamique en Afghanistan cherchaient à étendre leur sphère d’influence à travers les anciens États soviétiques d’Asie centrale, une région que Moscou considère comme son arrière-cour, pour attiser les conflits d’ordres religieux et ethniques.

Après la prise du pouvoir par les talibans, la Russie a mené des exercices militaires aux côtés des anciennes républiques soviétiques proches de l’Afghanistan.

Malgré la main tendue aux talibans, les responsables russes, dont Poutine, ont clairement indiqué que Moscou n’allait pas dans le sens d’une reconnaissance officielle du régime islamique.

“La reconnaissance officielle n’est pas en cours de discussion et cela a déjà été annoncé”, a déclaré Lavrov, précisant toutefois que la Russie, comme d’autres pays de la région, maintient des contacts avec le mouvement.

Dans les années 1980, Moscou a mené en Afghanistan une guerre désastreuse de plusieurs décennies. Près de deux millions d’Afghans ont été tués, sept millions ont été forcés à quitter leurs maisons, et plus de 14 000 soldats soviétiques y ont laissé la vie.

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