Turquie

La Turquie convoque les ambassadeurs des 10 pays occidentaux qui ont demandé la libération d’Osman Kavala

Suite à une déclaration de dix pays occidentaux appelant à la libération immédiate de l’homme d’affaires et philanthrope Osman Kavala, le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué les ambassadeurs des dix pays, dont les États-Unis, l’Allemagne et la France, selon l’agence tuque Anadolu.

Le communiqué publié lundi par certaines ambassades a appelé à une solution urgente et a remis en cause le respect de la justice turque pour l’État de droit dans le dossier de l’homme d’affaires de l’opposition, emprisonné depuis quatre ans sans condamnation, affirmant que ce dossier “met en doute le respect de la Turquie pour la démocratie”.

Osman Kavala est emprisonné en Turquie depuis quatre ans sans avoir été condamné, malgré les appels de la Cour européenne des droits de l’homme pour sa libération.

Kavala a été acquitté l’année dernière des accusations liées aux manifestations de 2013, mais la décision a été annulée cette année et ces accusations se sont ajoutées à d’autres en rapport avec la tentative de coup d’État de 2016.

Pour les groupes de défense des droits de l’homme, le procès de Kavala est un symbole de la répression exercée sur l’opposition turque sous le président Recep Tayyip Erdogan.

Les ambassades ont déclaré dans le communiqué : “Le retard continu de son procès, la fusion de différentes affaires et la fabrication d’autres affaires après un précédent acquittement, jette le doute sur le respect de la démocratie, de l’État de droit et de la transparence du système judiciaire turc”, ajoutant : “Compte tenu des positions de la Cour européenne des droits de l’homme sur cette affaire, nous appelons la Turquie à le libérer immédiatement.”

Les autres pays cités dans la déclaration sont le Canada, le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, la Finlande et la Nouvelle-Zélande.

En réponse, le ministre turc de l’Intérieur, Suleyman Soylu, a assuré que la Turquie est un État de droit démocratique. “Il est inacceptable que des ambassadeurs soumettent une recommandation et une proposition à la justice dans une affaire en cours”, a-t-il déclaré sur Twitter.

“Votre recommandation et votre suggestion jettent le doute sur votre compréhension du droit et de la démocratie”, a-t-il poursuivi.

Le ministre de la Justice, Abdulhamit Gul, a déclaré de son côté que les diplomates devaient respecter les lois et que les ambassadeurs ne pouvaient pas soumettre de propositions aux tribunaux.

Le Conseil européen a annoncé qu’il engagerait des procédures contre les abus commis par la Turquie si Osman Kavala n’était pas libéré.

La prochaine audience dans l’affaire Kavala aura lieu le 26 novembre.

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