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La France et la Chine en colère contre le partenariat de sécurité conclu entre les Etats-Unis, l’Australie et la Grande-Bretagne

Pour contrer la Chine, les États-Unis ont lancé mercredi un partenariat sécuritaire de grande envergure avec l’Australie et la Grande-Bretagne dans la région indo-pacifique. L’accord qui englobe entre autre la livraison de sous-marins nucléaires à Canberra, a été qualifié par Pékin “d’irresponsable”.

La France, qui s’est vu résilier l’énorme contrat signé en 2016 avec l’Australie pour l’achat des sous-marins conventionnels, a également critiqué la déclaration américaine.

Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a déclaré lors d’une vidéoconférence organisée par le président américain Joe Biden à la Maison Blanche avec la participation du Premier ministre britannique Boris Johnson, que “la première grande initiative dans le cadre du partenariat sera pour l’Australie d’obtenir une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire.”

La Chine a dénoncé un accord “complétement irresponsable”. “La coopération entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie dans le domaine des sous-marins nucléaires déstabilise gravement la paix et la stabilité régionales, intensifie la course à l’armement et sape les efforts internationaux en faveur de la non-prolifération des armes nucléaires”, a déclaré à la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian.

De son côté, le Premier ministre britannique a déclaré aujourd’hui (jeudi), que l’acquisition par l’Australie de sous-marins à propulsion nucléaire “aidera à maintenir la paix et la sécurité dans la région indo-pacifique”, précisant que cette décision “n’est pas destinée à se montrer hostile envers une autre puissance”.

La déclaration des trois dirigeants américain, australien et britannique, n’a mentionné ni la Chine ni “la paix et la stabilité dans la région indo-pacifique”, mais il ne fait aucun doute que la nouvelle alliance cherche avant tout à faire face aux ambitions régionales de Pékin.

Depuis son entrée en fonctions, le président américain n’a cessé de répéter qu’à l’instar de son prédécesseur Donald Trump, il entend affronter la Chine, mais d’une toute autre manière que le milliardaire républicain qui avait opté pour une confrontation directe entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

Le 24 septembre prochain, Joe Biden réunira à Washington les premiers ministres australien, indien et japonais, pour relancer l’alliance quadripartie connue sous le nom de “Quad” ou “Dialogue quadrilatéral pour la sécurité”.

Suite à l’annonce du traité, le Premier ministre australien a adressé aujourd’hui au président chinois, Xi Jinping, une “invitation ouverte” au dialogue.

La France a perdu un contrat de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d’euros), qui prévoyait l’achat de 12 sous-marins conventionnels (non nucléaires), qu’elle considérait comme “l’accord du siècle” pour l’industrie française de défense.

La ministre française des Armées, Florence Parly, a estimé que le retrait de Canberra est un manquement à sa “parole”.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que “cette décision unilatérale, soudaine et inattendue, ressemble beaucoup à ce que faisait Monsieur Trump”.

Le Premier ministre australien s’est défendu aujourd’hui en expliquant que “la décision que nous avons prise de ne pas poursuivre sur la voie de l’acquisition de sous-marins conventionnels et d’emprunter cette autre voie n’est pas un changement d’opinion, mais un changement de besoins”.

Les sous-marins nucléaires d’attaque sont plus autonomes que les sous-marins classiques à propulsion Diesel-électrique.

Tout comme Biden qui a qualifié Paris de “partenaire essentiel”, la Grande-Bretagne a également cherché à rassurer la France. Son ministre de la Défense, Ben Wallace, a déclaré : “Nous n’avons aucune intention de faire quoi que ce soit qui puisse agacer les Français.”

Mais en réalité, le nouveau partenariat pour la Sécurité a infligé un revers majeur à la stratégie française dans la région Indo-Pacifique, car Paris comptait fortement sur les partenariats avec l’Inde et l’Australie.

De son côté, le Premier ministre britannique qui a remporté avec cette alliance une victoire diplomatique décisive pour sa stratégie visant à éviter à son pays l’isolement international depuis sa sortie de l’Union européenne, a déclaré que le traité “liera le Royaume-Uni, l’Australie et les États-Unis de façon plus étroite, ce qui reflète le niveau de confiance entre nous et la profondeur de notre amitié.”

À l’issue du sommet tripartite, une déclaration commune a indiqué : “Sur la base de notre histoire commune en tant que démocraties maritimes, nous partageons l’ambition commune de soutenir l’Australie dans l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire.”

Le communiqué a précisé que l’Australie acquerra des sous-marins à propulsion nucléaire et non équipés d’armes nucléaires.

Plus tôt hier (mercredi), un haut responsable de la Maison Blanche a déclaré que “le seul pays avec lequel les Etats-Unis ont partagé ce type de technologie à propulsion nucléaire est la Grande-Bretagne”, et ce depuis 1958. Il a estimé qu'”il s’agissait d’une décision cruciale et fondamentale qui liera l’Australie, les États-Unis et la Grande-Bretagne pendant des générations.”

Selon ce responsable, le traité prévoit également une coopération entre les trois pays dans les domaines de la cyberdéfense, de l’intelligence artificielle et des technologies quantiques.

De son côté, la Nouvelle-Zélande a annoncé que la loi en vigueur depuis 1985, qui interdit à tout navire à propulsion nucléaire l’entrée dans ses eaux, s’appliquera aux sous-marins que son voisin et allié le plus proche, l’Australie, compte acquérir.

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