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Dix ans de prison pour les iraniens à la double nationalité

Un tribunal de Téhéran a condamné mercredi Nahid Taqwi, une militante des droits de l’homme germano-iranienne détenue en Iran depuis octobre, à dix ans et huit mois de prison selon sa fille, Maryam Clarin, qui vit en Allemagne et qui se bat depuis des mois pour libérer sa mère.

“Elle a été condamnée à 10 ans de prison pour appartenance à une organisation illégale et à 8 mois pour propagande contre le régime”, a déclaré Maryam.

Il s’agit de la dernière décision rendue contre un iranien ayant la double nationalité. Les fréquentes arrestations de binationaux ont soulevé une vive polémique contre la République islamique, accusée de les utiliser comme monnaie d’échange dans leurs négociations avec les européens, notamment dans les domaines des droits de l’homme et du nucléaire.

Le jugement dont Maryam Clarin a pris connaissance par l’avocat de sa mère, a été rendu il y a quelques jours (aucune date précise n’a été fournie) et coïncide avec l’accession au pouvoir du nouveau président, Ebrahim Raisi, connu pour être un ultra-conservateur à la tête du pouvoir judiciaire. Il était également membre de la commission de la mort qui a ordonné l’exécution de milliers de dissidents dans les années 1980, et l’une des personnalités poliques qui figurent sur la liste des sanctions américaines.


“Je ne peux pas dire exactement ce qui va se passer, il faut attendre et voir comment les avocats vont traiter l’affaire”, a déclaré Maryam Clarin qui dénonce une “justice arbitraire”.

Frank Schwab, député du Parti socio-démocrate et membre de la Commission des droits de l’homme du Parlement allemand, a déclaré dans un tweet que “les accusations sont sans fondement et que la décision est une farce”.

“La condamnation et la peine prononcée sont constitutionnellement injustifiées”, a déclaré un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. “Le gouvernement fédéral travaille dur sur le cas de Mme Taqwi à travers nos ambassades à Téhéran et à Berlin et n’épargnera aucun effort.”

“Nous continuons à lutter pour l’accès consulaire et appelons au respect des normes élémentaires des conditions de détention, notamment les soins médicaux appropriés”, a-t-il ajouté.

Le procès de Nahed Taqwi, 66 ans, s’est ouvert fin avril pour “mise en danger de la sécurité du pays”.

Valerio Krueger, porte-parole de l’Association internationale des droits de l’homme et proche de Nahed, a confirmé que ce type d’accusation est généralement portée “contre les binationaux”.

Nahed Taqwi a été arrêtée dans son appartement à Téhéran le 16 octobre 2020, puis placée en isolement dans la prison d’Evin. Selon sa fille, elle a été provisoirement transférée au bloc des prisonnières à la mi-mars, avant d’être à nouveau placée en isolement début avril.


Cette ingénieure qui se bat depuis des années pour les droits humains en Iran, notamment les droits des femmes, souffre de diabète de type 2 et son état de santé s’est fortement dégradée depuis qu’elle a contracté le Covid en juillet.

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