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Le petit-fils de Khomeini dénonce l’extrémisme du régime iranien

Fait inhabituel, le régime iranien des mollahs a fait l’objet de vives critiques, non pas de l’extérieur cette fois, mais de la part d’un membre de la famille du fondateur du régime, Ruhollah Khomeini. Son petit fils Hassan a fermement dénoncé les méthodes des autorités iraniennes, dont la liquidation systématique des opposants.

Lors d’une rencontre avec des membres du parti Etemad-e Melli (Parti de la confiance nationale) fondé en 2005 par Mehdi Karroubi qui vit actuellement en résidence surveillée, Hassan Khomeini a dénoncé le rejet de sa candidature aux prochaines élections présidentielles de la part du guide suprême Ali Khamenei. Il a déclaré : “Je pensais pouvoir éventuellement faire un certain travail, mais ce n’est désormais plus possible pour moi. Néanmoins, cela ne veut pas dire que je ne serai pas activiste ou conseiller.”

Hassan Khomeini a témoigné sa solidarité envers le chef politique de l’opposition, Mehdi Karroubi, dont l’assignation à résidence a été fixée pour plus de dix ans, ainsi qu’envers d’autres détenus, dont les artistes et politiciens Mir Hossein Mousavi et Zahra Rahnavard.

Il a qualifié la situation actuelle en Iran de “très critique” et a mis en garde contre la pauvreté qui se propage dans le pays avec la disparition de la classe moyenne. A cet égard, il a déclaré : “Dans ce contexte, notre classe moyenne devient de plus en plus faible. Tout slogan populiste peut engendrer un mouvement, et cela est très dangereux pour le pays. Je l’ai déjà dit et peut-être l’avez-vous entendu : La solution à la crise économique n’est pas économique mais politique.” Il a affirmé que la résolution de la crise exige que l’Iran résolve ses problèmes avec le monde, mais tout en préservant sa dignité.

“Nous commettons parfois d’importantes erreurs en interne, par exemple en révélant des informations secrètes, comme lors du récent incident à Natanz”, a t-il déploré en référence à Alireza Zakani, le chef du centre de recherche au Parlement, à Mohsen Rezaei, le secrétaire au Conseil de discernement d’opportunité , et à Fereydoun Abbasi, le chef de la commission de l’énergie au Parlement, qui ont révélé l’étendue des dégâts à la centrale nucléaire de Natanz dans le but de blâmer le gouvernement réformiste de Hassan Rohani.

Le petit-fils du fondateur de la République islamique d’Iran a évoqué dans son discours les longues files d’attente des citoyens iraniens pour acheter du poulet au prix fixé par le gouvernement, et a déploré l’impossibilité des iraniens de résoudre leurs problème dans une telle situation. Il a déclaré : “Les sanctions doivent être levées et l’économie doit être fondamentalement réorganisée et reconstruite en Iran”.

Il a mis en garde contre l’éclatement imminent de la société iranienne, affirmant que l’explosion des cas de divorce et de toxicomanie étaient également des conséquence de cette situation.

“Le courant extrémiste dans notre pays prend parfois des décisions idéologiques très dangereuses. Bien sûr, je ne pense pas que tous soient des idéologues, mais beaucoup d’entre eux sont des commerçants, dans tous les cas, ils prennent leurs décisions sur des bases idéologiques, ce qui est une erreur et un danger”, a t-il ajouté.

Ces déclarations ont fait écho à celles de Faiza Hachemi Rafsandjani, militante réformiste et fille de l’ancien président iranien Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, qui avait tenu les mêmes propos aux médias quelques jours auparavant. Elle avait annoncé qu’elle ne se présenterait pas aux prochaines élections présidentielles et avait confirmé sa distanciation du climat politique actuel.

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