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Joe Biden lance sa première offensive contre la Chine

Lors d’un sommet virtuel qui s’est tenu hier, le président américain Joe Biden a lancé sa première offensive contre la Chine, en prenant une initiative commune avec ses alliés du Pacifique pour renforcer de façon “drastique” la production du vaccins anti-Covid en Asie du Sud-Est.

Un accord historique

L’informelle alliance du Pacifique relancée durant le mandat de l’ex président Donald Trump, s’est formée dans les années 2000 pour contrer la puissance chinoise. Hier, le président Joe Biden a convoqué pour la première fois le Premier ministre australien Scott Morrison, le Premier ministre indien Narendra Modi et le Premier ministre japonais Yoshihide Suga, pour une réunion au plus haut niveau. A l’ordre du jour: le changement climatique et un focus sur la pandémie du Coronavirus.

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré mardi : “Le fait que le président Biden ait choisi d’en faire un de ses premiers événements multilatéraux démontre l’importance que nous donnons à une coopération étroite avec nos alliés et partenaires de la région indo-pacifique.”

De hauts responsables de l’administration américaine ont informé la presse que le “quad” de l’alliance Pacifique devra annoncer “un accord historique pour développer la capacité de production de vaccins” afin de faire face aux “graves pénuries en Asie du Sud-Est”, et ce par des “véhicules financiers complexes qui permettront une augmentation très importante, franchement drastique, des capacités de production de vaccins, jusqu’à un milliard en 2022”, d’après leurs déclarations. Cette production accélérée compte en premier lieu sur les usines indiennes, et sur le vaccin américain Johnson & Johnson.

Malgré sa déclaration selon laquelle il souhaite donner la priorité de vaccination à la population américaine, Joe Biden espère par cette initiative faire concurrence à l’activisme de la Chine qui multiplie les exportations de ses vaccins partout dans le monde, et contrer le monopole chinois dans la région de l’Asie du Sud-Est.

“Je pense qu’il y aura une discussion ouverte et honnête sur le rôle de la Chine sur la scène internationale”, a affirmé un responsable américain.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a expliqué que ces quatre pays alliés voulaient former “un pilier pour la paix et la stabilité”.

Le premier échange de Biden avec la Chine ne présage rien de bon

Les relations entre la Chine et les Etats-Unis sont en souffrance depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, et Joe Biden semble vouloir poursuivre la même conduite politique que son prédécesseur. Lors d’un premier échange téléphonique avec son homologue chinois Xi Jinping, les deux chefs d’Etats avaient évoqué toutes les questions sensibles du moment, notamment Hong Kong, Taïwan, la guerre économique et les violations des droits des musulmans ouïghours. Au lendemain de cet appel, Joe Biden avait déclaré : “Si on ne fait rien, ils vont nous écraser.”

La Chine, qualifiée hier par Donald Trump de “plus grande menace pour la démocratie, est qualifiée aujourd’hui de “plus grand défi géopolitique du XXIe siècle” par l’actuelle administration américaine. Nous l’avons compris, la politique vis-à-vis de la Chine reste inchangée, seule la stratégie diffère. Pour contrer le géant asiatique, Joe Biden va compter sur ses alliés dans la région, qui étaient en quelque sorte “ignorés” par Donald Trump.

Priorité à l’Asie

Vendredi, Tokyo a annoncé que le Premier ministre japonais Yoshihide Suga se rendra aux Etats-Unis dans la première quinzaine d’avril et sera de ce fait, le premier chef d’Etat étranger à être reçu personnellement par le nouveau président.

Du côté américain, le chef du Pentagone se rendra en Inde, le secrétaire d’Etat Antony Blinken et le ministre de la Défense Lloyd Austin se rendront la semaine prochaine au Japon puis en Corée du Sud pour leur premier voyage à l’étranger. C’est Antony Blinken qui organisera a Anchorage en Alaskala, la première réunion entre l’équipe américaine et les chefs de la diplomatie chinoise Yang Jiechi et Wang Yi.

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